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24/07/2010

Usine General Motors de Strasbourg: quand un syndicat préfère les manoeuvres de basse politique aux intérêts des salariés.

Après de longues semaines de négociation, hier a eu lieu la signature d'un accord sur la reprise de cette usine - spécialisée dans les boîtes de vitesse - et sa non fermeture. 1150 salariés sont concernés et risquent de se retrouver au chômage, avec le risque non négligeable d'éprouver les plus grandes difficultés à retrouver un travail, quand on connaît le contexte de la crise actuelle, notamment dans le secteur industriel.

 

Quand je dis « risquent », c'est en effet la situation de ce jour, car l'accord signé peut ne pas suffire à sauver les emplois.

 

La non fermeture de cette usine était associée, en effet, à des conditions de réduction des coûts de masse salariale de 10%, en contrepartie d'un engagement de pérennité de l'emploi jusqu'à 2014. Ces mesures d'économie portent, après négociation, sur un gel des salaires sur deux ans, gel de l'intéressement sur trois ans et baisse des jours de RTT de 16 à 10 jours. L'accord porte également sur une modulation du temps de travail, mais celle-ci reste très contrainte et faible. Une autre condition imposée par la direction générale était d'avoir la signature de l'ensemble des organisations syndicales apposée sur l'accord. Et c'est là que le bât blesse.

 

La CGT a refusé de signer cet accord, et ce malgré le vote en faveur de cet accord de la grande majorité des salariés (à 70,65% pour). Pourquoi ce geste ? En effet, au mieux, la direction valide l'accord comme il a été signé puisque trois organisations syndicales sur les quatre l'ont signé. Juridiquement, cela suffit à le valider. Au pire, la direction ne le valide pas, puisque la condition d'obtenir la signature des quatre organisations syndicales n'est pas respectée. Dans ce cas-là, quel avenir se présage ? Il y a tout lieu de penser que cet avenir peut être des plus sombres...

 

De plus, des incidents de sont produits après cet acte de rébellion inutile de la CGT, et des salariés s'en sont pris à leurs représentants CGT. Selon la CGT, ses représentants ont même été séquestrés, et Menouba Arbouche, déléguée CGT – non présente aux moments des faits !!! - a déclaré « La direction a envoyé ses sbires pour séquestrer les élus de la CGT et les obliger à signer ».

 

Le secrétaire du Comité d'entreprise, délégué CFDT, Jean-Marc Ruhland, a affirmé, quant à lui, qu'il s'agissait en fait d'un mouvement spontané de plus de 400 salariés, qui ont scandé « CGT démission ». Jean-Marc Ruhland dit qu'en 35 ans d'entreprise, jamais il n'a vu des salariés arrêter leur travail afin de s'en prendre à une organisation syndicale.

 

C'est dire combien la situation est vive. Mais comment pourrait-il en être autrement quand il s'agit de la sauvegarde de plus de 1000 emplois !!!??

 

Je vous livre ici en intégralité le témoignage anonyme d'un des ouvriers de ce site, directement concerné:

 

« La CGT contre les salariés de GM Strasbourg !
Après 2 ans de recherche d’un repreneur sans succès, une reprise par GM Company pour sortir la coquille vide qu’est Motors Liquidation est la seule solution viable pour GM Strasbourg et pour cela il faut remplir les critères posés par GM Company (10% réduction des couts et signature de TOUS les délégués syndicaux donc y compris CGT) pour mettre toutes les chances de notre coté.
Cet après-midi plusieurs centaines de salariés de GM Strasbourg (ouvriers ET cadres réunis dans un meme combat) ont essayé de faire revenir pacifiquement les délégués CGT sur leur décision de pas signer l’accord. Les délégués CGT les ont méprisé après avoir pourtant déclarés la veille qu’ils voulaient “revoir” les salariés pour prendre leur décision. Les salariés sont donc venus à eux. Il est faut que ces salariés étaient envoyés par la direction, ils sont venus volontairement et spontanément. La CGT ment à la presse comme aux salariés de GM et a perdu toute crédibilité. Les délégués CGT ne signent pas car ils écoutent les ordres irresponsables de la direction CGT et que sinon ils perdent leur position à la CGT, c’est leur intérêt personnel contre celui des salariés de GM Strasbourg. C’est lamentable !
Plusieurs salariés ayant votés non au référendum sont revenus voir les délégués CGT pour leur dire qu’ils sont maintenant pour la signature mais la CGT n’a pas voulu les écouter ».

 

C'est édifiant.

 

Et c'est en effet malheureusement ce type d’attitude syndicale d’opposition systématique à la direction d'une entreprise qui, non seulement décrédibilise l’action syndicale dans son ensemble, et a fortiori la négociation d’entreprise, mais encore conduit des salariés à la rue, salariés qui risquent d’y rester longtemps actuellement, au vu du contexte peu favorable à l'emploi, renforcé par la double crise du secteur industriel, sans compter les plus de 50 ans qui ne retrouveront jamais un travail correct….

Attitude navrante et anti démocratique encore une fois de ce syndicat extrémiste qu’est la CGT.

 

De tout coeur, bon courage à ces salariés!

 

 

Michaël MANEN

 

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