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06/02/2015

Oui aux alliances mais... Non aux compromissions !

A nouveau je prends la plume afin de dénoncer la droitisation du Modem en déni de nos valeurs.

Il y a quelques mois, je m'étais déjà exprimé en ce sens. Et en respect des valeurs que je défends et notamment celle de l'éthique, ne me sentant pas en corrélation avec les dernières évolutions du Mouvement, j'avais donc démissionné de mes fonctions de Vice-Président et de Trésorier Départemental. Pour autant, je n'avais - et n'ai toujours pas - rendu ma Carte, militant concomitamment pour que perdurent ces valeurs originelles du Modem et de François Bayrou et arguant qu'il existait - selon moi - une alternative à l'alliance systématique avec des partis de la Droite Française. Alternative peu nouvelle il est vrai mais qui a fait ses preuves sur les terrains de Dijon ou Lyon notamment.

Quand j'ai dit qu'à mon avis - qui n'engage que moi - François Bayrou avait fait une erreur en exprimant son vote futur envers François Hollande pendant l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2012, certains ont mal compris ce que j'avais voulu dire. Par conséquent, je vais le ré-expliquer en y apportant des précisions.

En effet, j'aime à me référer à l'excellent ouvrage que François Bayrou a écrit en 2009, "Abus de Pouvoir", ouvrage qui n'est certainement pas obsolète, tout au contraire même!

Cet ouvrage décrivait - en le condamnant - le système mis en place par Nicolas Sarkozy pour détenir aux mains de quelques hommes la quasi-totalité des pouvoirs en France, y compris le système judiciaire, les médias et toute la Finance. Un système donnant pouvoir, immunité et fortune à quelques nantis, à la limite des lois, et en réalité en franchissant allègrement le rubicon de façon devenue "régulière" dans les deux sens de cet adjectif ! (souvent et en toute régularité, les lois ayant été adaptées ou contournées (sans pour autant être illégal tout au moins jusqu'à preuve du contraire)).

Un système que n'aurait pas renié Nicolas Machiavel en personne (tiens.... le prénom est identique, n'y aurait-il pas eu une forme de mimétisme ou tout au moins une source certaine d'inspiration? )

Après avoir écrit un tel ouvrage et quand bien même le discours s'est fait plus policé les années passant, il était peu pensable d'apporter de la part de François Bayrou son soutien à Nicolas Sarkozy. François Hollande défendait quant à lui un système très différent et bien plus proche - tout au moins en ce qui concerne les valeurs - du fonctionnement de l'Etat et de la Politique défendu par François Bayrou.

Tous ceux connaissant François Bayrou ou l'ayant lu ne pouvait sincèrement pas penser que le choix de François Bayrou de voter François Hollande eut pu être autre! C'est d'une telle évidence! Le contraire aurait constitué un reniement de soi, et de tant de valeurs défendues haut et fort depuis tant d'années.

Mais il y a un mais...

Il y avait une possibilité, ténue certes mais bien réelle, de réaliser une alliance de gouvernement entre le Modem et le PS en 2012. Pas une compromission mais une alliance de plusieurs idées, plusieurs mouvements de pensée (le PS déjà à lui tout seul en dénombrant un nombre certain), et de convictions différentes tout en se retrouvant autour de valeurs non négociables.

Les écologistes? Chacun sait qu'il s'agit d'utopistes désorganisés et que toute alliance avec eux fait de toute façon long feu! Et les exemples sont bien plus nombreux que les contre-exemples à ce propos! De ce fait, même si les écologistes et le Modem avaient fait parti d'un même gouvernement - ce qui en effet parait tant improbable a priori - , d'une part ils n'auraient pas travaillé sur les mêmes terrains, d'autre part il aurait été tellement probable que ces Ecologistes auraient quitté le gouvernement à moyen terme. Tant leur combat presque principal face au Nucléaire est incompatible autant avec l'organisation énergétique Française qu'avec les impératifs économiques dictés par le contexte actuel. Certes l'évolution du Nucléaire vers moins de pollution et plus de sécurisation nous coûtera cher mais sa sortie serait bien plus onéreuse... et pas forcément plus écologique pour autant car il n'existe à ce jour aucune solution “verte” permettant de compenser intégralement l'énergie produite par le Nucléaire et tenant compte également des besoins croissants en matière énergétique, ne serait ce que ceux liés à l'augmentation de la population.

Mais je m'égare... L'idée de former un gouvernement PS-Modem ajouté de quelques autres formations politiques ne me parait pas être une idée folle (ni en 2012 ni d'ailleurs toujours maintenant...). Mais seulement il aurait fallu peut-être - sûrement ? - conclure des tractations avant de formuler son vote pendant l'entre-deux-tours. Un vote restant secret, il n'était nul besoin de le révéler à ce moment-là. En l'absence de véritable plan de gouvernement avec François Hollande, il n'était point utile de lui délivrer un soutien, sachant qu'en toute logique le vote de François Bayrou était évident...

Mais je sais que l'impératif d'avoir une autre vision de la Gouvernance, le respect non-négociable des valeurs du Modem , ainsi que l'orientation des choix économiques peuvent rendre difficile les alliances.

Sur le plan national où en est-on aujourd'hui ? L'UMP et son président pataugent dans la gadoue. Nous n'allons pas parler de la mise en examen de Jean-François Copé ni de celle de François Perol, ex-proche de Nicolas Sarkozy devenu Directeur de Banque, sans compter Eric Woerth qui figure sur le banc des prévenus dans l'affaire Bettencourt... Ce sont tout de même l'illustration des années Sarkozy, avec ces mélanges d'intérêt entre finance et politique, l'enrichissement de quelques uns toujours en jouant avec la frontière de l'illégalité, mais éminemment éthiquement contestable. Et cela n'est pas fini. Presque chaque jour nous démontre s'il en est besoin que Nicolas Sarkozy n'a pas changé et est bien le même homme décrit si bien dans l'ouvrage “Abus de Pouvoir” de François Bayrou.

Encore une fois, le lendemain de l'éviction dès le premier tour du candidat UMP de la législative partielle du Doubs, que fait Nicolas Sarkozy au lieu de mener “une cellule de crise interne”, et de donner rapidement des consignes de vote claires ou d'ailleurs de ne pas en donner, car - ne l'oublions pas – nul ne peut prétendre être propriétaire des votes de ses adhérents ou de ses sympathisants... ? Et bien notre homme fait une conférence à Abu Dhabi, gracieusement rémunérée... Où encore une fois l'argent est bien la priorité de Nicolas Sarkozy... Afin vraisemblablement de pouvoir mieux financer sa future campagne électorale... Mais une fois de plus avec des méthodes sinon illégales mais bien éthiquement discutables...

Hormis son absence à des fins personnelles ce jour-là, que dire de cette cacophonie sur la position d'un parti comme l'UMP ? Après le choix d'Alain Juppé logique et fidèle à ses convictions, un bureau politique de plus de deux heures et demie le mardi soir soit tout de même deux jours après le premier tour aboutit à une position différente qui est le “ni-ni”, donc en conseillant l'abstention ou le vote blanc. Cela contre l'avis de Nicolas Sarkozy... qui proposait, quant à lui, une version plutôt alambiquée, jugez par vous-même:

Nous disons à nos électeurs, 'c'est à vous de décider'", dit-il mais en ajoutant "il n'y aura pas de complaisance avec le Front National dont la victoire nationale n'est plus impossible". Dans ce contexte, "nous ne donnons pas de consignes de vote" aux électeurs du Doubs "mais nous leur demandons de prendre en compte cette dimension". Comprenne qui en aura envie...

L'UMP est apparue plus désunie que jamais, sans compter qu'aucun leader du parti n'a proposé de motion en disant clairement qu'il fallait voter FN pour faire barrage au PS, ce qui aurait pu choquer en d'autres temps mais qui correspond peu ou prou à ce que pense la moitié des sympathisants de l'UMP.

L'UMP désunie ? Ce n'est pas nouveau, cela s'accentue simplement. Le PS désuni ? Là non plus ce n'est pas nouveau. A vouloir faire des grands partis prônant une conscience universelle de droite ou de gauche, force est de constater que cela ne peut fonctionner qu'en circonstances bien particulières et somme toute plutôt rares. Les courants politiques sont nombreux, et c'est cela même qui fait la force d'une démocratie. D'où la difficulté de s'unir circonstanciellement sans pour autant se compromettre!

C'est là que je vois que le Modem peut trouver des terrains d'entente avec certains courants au-delà d'une étiquette politique... et notamment avec l'UDI, avec une partie – mais une partie seulement – du PS et de l'UMP, mais plus difficilement avec le FN, les Ecologistes ou NPA pour ne citer qu'eux...

Partant de ce constat, discuter avec des personnes comme Jean-Christophe Lagarde, Alain Juppé, Manuel Valls me paraît plutôt cohérent. Là, des alliances peuvent être faites en se retrouvant autour de valeurs et objectifs communs. Mais avec les divergences qui règnent aussi bien au sein du PS qu'à l'UMP, une alliance avec l'ensemble d'un de ces partis est une compromission.

Et c'est ce qui se dessine apparemment dans bon nombre d'endroits. Sur le plan local, dans le Gard, je n'arrive pas à comprendre comment on peut s'unir avec des personnes que l'on a tant combattues, en particulier sur leur système lié au pouvoir et à l'argent, sur une différence de valeurs – que dis-je ? - sur une opposition de valeurs à telle point que cette alliance devenue compromission en devient même une capitulation. Je ne peux pas comprendre en effet comment on peut se donner l'accolade avec quelqu'un comme Jean-Paul Fournier, avec tout ce qu'on a pu dire sur sa façon de faire de la politique, et des reproches sur l'homme même qui sont du même acabit que ce que François Bayrou décrit si bien dans son livre.

Donc c'est une capitulation du Modem à laquelle j'assiste. Mais dans toute capitulation, il y a une Résistance. Et je continuerai à me battre pour les valeurs qui sont miennes, au sein d'un mouvement ou pas d'ailleurs.

Certains m'ont écrit disant ne pas comprendre si je me mettais en retrait du Mouvement ou pas, certains m'ont dit être étonné par mon “revirement”... Mais qui vraiment s'est reviré ? Je vous le dis ici et je le dirai en face à chaque occasion, en accordant un blanc seing à l'UMP dans ce département, vous avez renié vos convictions et vous ne pourrez pas être fiers en vous regardant dans la glace, même si vous arborez l'écharpe tricolore obtenue par des compromissions. Donc là ça me parait clair et en effet je confirme que je me mets en retrait des instances du Modem du Gard, dans la suite logique de ma démission de mes fonctions internes en fin d'année dernière. Ce qui ne signifie toujours pas que je rends ma carte et je continuerai à lutter au sein du Mouvement Démocrate pour les valeurs qui me l'ont fait rejoindre dès son origine.

Un certain temps tout au moins car il nous faut un rebondissement du Modem, avec pour cela une attitude ferme sur les valeurs, un refus de toute compromission, et une adaptation moderne des voies politiques et économiques en fonction de la situation sociale et économique qui évolue, et qui évolue vite. Je pense ainsi que le libéralisme poussé à l'excès tue le dialogue social et crée chômeurs et SDF... Au 21ème siècle, l'idée de constater que de plus en plus de personnes dorment sans toit et ne mangent pas à leur faim m'est insoutenable. Il y a encore dix ans, les priorités étaient peut-être d'un ordre économique. Aujourd'hui ce n'est plus le cas car demain si les besoins humains primaires ne sont plus assurés, tout le système économique, financier et bancaire aura fini d'exister. Et un dernier mot sur l'espérance! Ce n'est pas les pressions fiscales et les politiques d'austérité qui rendent le peuple heureux. Et si le peuple n'est pas heureux, s'il perd l'espoir, c'est la mort de notre société sous sa forme actuelle.

Les priorités me semblent donc être aujourd'hui le bonheur des peuples, leur rendre l'espoir, qu'ils puissent accéder naturellement et quelque soient leurs conditions, leurs origines et leurs religions à un toit et à de la nourriture, mais aussi à du travail car nous ne devons pas être un peuple assisté! Mais sur ce point, il faut une adaptation fine de la politique sociale et de santé. Certains auront toujours davantage besoin d'être assistés que d'autres, chacun n'a pas forcément la capacité d'accéder à une indépendance totale de vie, la capacité ou la volonté aussi.... Mais la richesse de ce monde est justement d'accepter les différences, de les respecter et de les aimer. A l'heure où les sentiments de haine à tous les niveaux s'accentuent, il est grand temps de revenir à des valeurs humaines et solidaires: Aimons nos différences!

 

Michaël Manen

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