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02/09/2009

Michael MANEN: Qui suis-je?

Il m’est apparu opportun de commencer ce blog en me présentant.

 

Je suis né en France à Boulogne-Billancourt en 1968, de père français catholique, d’origine niçoise et de mère française orthodoxe, d’origine russe. Mon père est musicien, chef d’orchestre, compositeur et professeur d’écriture musicale ; ma mère est artiste-peintre. Pour l’anecdote, ils se sont connus à la Villa Medicis, à Rome, où ils étaient en séjour. De part la profession de mes parents, j’ai pu voyager depuis la plus tendre enfance dans toute l’Europe mais aussi en Amérique du Nord.

J’ai effectué ma scolarité à Paris, jusqu’à la fin des années 80. Après 3 années de faculté de médecine, j’ai effectué mon service militaire dans les transmissions et ai obtenu la médaille de bronze de la défense nationale. Parallèlement, j’ai obtenu plusieurs diplômes musicaux, et ai tenu pupitre dans plusieurs orchestres de jeunes.

A l’aube des années 90, j’ai obtenu un diplôme de gestion hôtelière, touristique et hospitalière en Suisse puis ai voyagé dans le cadre professionnel : Belgique, Ecosse et Antilles notamment. J’ai ainsi travaillé dans des entreprises familiales, et des multinationales, américaines ou françaises. Depuis 11 ans, je suis cadre dans une entreprise française, composée d’un passé associatif et social très profond.

Comme il serait vaniteux de se considérer détenir toute la science dont on a besoin, j’ai obtenu, parallèlement à mon cursus professionnel, un Master de gestion et management stratégique de la santé en 2008.

Cette expérience internationale et éclectique m’a ainsi permis d’analyser différentes formes de systèmes économiques mais également de rencontrer de très nombreuses personnes, très différentes par leur culture, leur activité et leur vision du monde de demain.

Parmi ces rencontres, je dois en citer une qui m’a en effet particulièrement marqué. En 1998, exerçant professionnellement dans un village de vacances à La Grande Motte, j’ai ainsi accueilli François Bayrou, dans le cadre de l’université d’Eté de Force Démocrate.

Etant très attaché à des valeurs d’éthique, d’écologie, de tradition culturelle et historique, à des valeurs sociales et humanistes, au concept originel de notre constitution avec l’égalité en point de mire, j’ai trouvé en François Bayrou l’homme qui m’a fait vraiment aimer la politique. La politique, du moins comme telle que je la conçois : intègre mais pas intégriste, juste, propre, humaine, sociale et humaniste, et porteuse d’un projet fort, équilibré et durable. Sympathisant durant plusieurs années, j’ai adhéré dès la première heure au Modem, motivé à faire partie dès le début de ce nouvel édifice, fondé sur des pierres solides, de participer à cette nouvelle grande aventure qui est de redonner espoir, confiance et envie tout simplement au peuple français.

J’habite Aimargues dans le Gard, pacsé, deux filles de 15 et 11 ans.


Comment me qualifié-je ?

Il n’est jamais aisé de s’analyser soi-même. A l’image du « to gnothi seauton » de Socrate*, il est pourtant primordial de s’y essayer !

Ainsi je me qualifierai de pragmatique idéaliste centriste modéré.

Pragmatique, car j’attache importance à analyser l’environnement et les situations de la façon la plus objective et la plus neutre possible. Je considère que le résultat découlant de cette analyse doit servir de base pour définir la route à suivre. Plus cette analyse est empreinte de subjectivité, plus le risque de se tromper de route est fort…

Idéaliste, car le fait de tirer constat de la façon la plus neutre possible de l’environnement n’est pas, et surtout pas, une justification pour laisser faire les choses, ne pas réagir, ne pas agir…… Il est toujours temps de changer et de faire changer les choses ! Oui, et je n’ai pas peur de l’affirmer, je crois en un monde meilleur, plus juste, plus libre, plus égal, plus propre, plus sein…… et même si un jour notre monde correspondrait au quart de la moitié de ce dont j’en ai rêvé, je serai content, fier d’avoir pu ajouter un peu d’air au souffle qui aura contribué à cela… Sans rêves et sans idéal, nous sommes en état de mort spirituelle et intellectuelle… Tout sauf ça !

Centriste… non pas parce que j’ai ambition de siéger dans la partie médiane du Palais Bourbon, non pas parce que je suis ni de droite ni de gauche… mais parce qu’il me paraît incontournable que les piliers fondant le monde de demain viennent du centre… comme là où se situe le cœur de la terre… Il faut arrêter d’être manichéen ou, pire, de n’utiliser sa pensée que de façon binaire…

600 ans avant J.-C., Lao-Zi** a écrit le Dao de Jing, le « livre de la voie et de la vertu ». Sont nés à ce moment-là différents principes, dont les deux forces à la fois agonistes et antagonistes du Yin et du Yang, cela bien avant l’arrivée du Bouddhisme en Chine. Ainsi, on peut lire au chapitre 42 du Dao De Jing: « Le Dao donne naissance à l'un, l'un au deux, le deux au trois, le trois aux dix-mille choses et êtres, les dix-mille choses et êtres supportent le yang et embrassent le yin ».

Cela signifie que le monde, et quel qu’il soit, donc a fortiori le monde politique, ne peut pas être constitué de deux forces d’opposition mais d’une multitude de forces, de concepts et d’idées et que celles-ci doivent s’assembler au centre afin de constituer la seule énergie capable de construire le monde de demain.

Modéré enfin, car aucun progrès durable ne s’est fait par la violence. Notre monde peut et doit avancer au travers de la négociation, de la concertation, en s’appuyant sur les réussites mais aussi sur les erreurs du passé. Et cela ne peut se faire en un jour, il faut du temps, et si on n’en dispose pas, il faut se le donner ! Mieux vaut progresser doucement et sûrement que régresser brutalement et irrémédiablement… J’aime citer ce proverbe italien « Chi va piano va sano e lontano ». La précipitation a souvent conduit à des dégâts irréversibles…


Pour affiner davantage mon portrait, je vais décrire quelques unes de mes idées ou autres concepts politiques.

Ma conception de la politique

En premier lieu, je place l’éthique au plus haut niveau de la hiérarchie des priorités politiques. Sans éthique, il ne faut pas faire de politique (il vaut mieux non plus ne rien faire du tout…). L’éthique doit être présente dans les paroles et surtout dans les actes. Il faut dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit et éviter de faire ce que l’on ne pense pas. La désaffection des Français de la politique, prouvée si le besoin en était par l’abstention record des dernières élections, est la conséquence directe du manque d’éthique du monde politique actuel.

En matière d’éthique, l’intégrité me paraît une condition sine qua non. Tant que des politiques ne seront pas honnêtes et intègres, comment les Français pourraient-ils avoir confiance en eux ? Pour exemple malheureux, le scandale des notes de frais des parlementaires outre-manche…

Une des priorités politiques est de porter l’humanisme comme valeur majeure de notre système de société… comme il n’aurait jamais du en disparaître ! Nous sommes tous des hommes, régissant entre nous des organisations visant à mieux nous organiser et à mieux vivre, tous ensemble et dans un même monde ! Malheureusement, depuis plusieurs années, nous avons assisté à une dérive du système remplaçant son objectif principal « l’humain » par l’ « argent ». Il s’agit d’une dérive économique grave car l’humain risque d’être de plus en plus voué à jouer un rôle de simple outil au sein de mécanismes financiers régissant la grande machine économique. Plus grave, quelques uns - mais ils sont de moins en moins nombreux et ne s’en rendent pas forcément compte – croient tirer avantage de ce système, avant d’être, à leur tour, « mangés » par cette grande machine anthropophage. Il est donc urgent de revenir à ces fondamentaux dont l’humanisme fait partie intégrante.

Un autre fondamental subit actuellement une grave dérive : l’égalité ! Pourtant clef de voûte de notre constitution, ce concept d’égalité est de plus en plus bafoué, à chaque instant et à chaque lieu, et cela jusqu’au plus haut niveau de notre nation. Ainsi, le 24 mars 2009, à St Quentin, Nicolas Sarkozy a dit : « Une société égalitaire c’est le contraire d’une société de liberté et de responsabilité »… Selon moi, égalité ne signifie pas nivellement par le bas, ni que celui ne faisant aucun effort obtienne les mêmes résultats ou les mêmes richesses que celui qui chaque jour ne ménage pas sa peine. L’égalité, c’est que chacun puisse disposer des mêmes chances, à l’école, pour décrocher un emploi, pour se soigner, … qu’il soit riche ou pauvre, noir ou blanc, femme ou homme, … Nous en sommes loin ! Je dirais même : après avoir progressé pendant longtemps, nous régressons depuis quelques années !

Notre monde doit être également plus juste ! Quand je dis « juste », je parle de justesse, davantage que de justice… En effet, certains rouages de la loi permettent à de petits malins de ne pas être sanctionnés à hauteur de leur faute ! Pire : Ceux qui ont les moyens de payer d’importants émoluments à leurs avocats sont parfois purement et simplement acquittés alors qu’ils ont commis un délit. La justice est rendue et cela n’est pourtant pas juste… ni égal d’ailleurs !

Concrètement, pourrait être mis en place un institut de veille (au même titre que l’institut de veille sanitaire par exemple surveillant tout ce qui se passe en matière de santé), qui chercherait de façon systématique à analyser pourquoi certaines décisions, certains actes ou une organisation mise en place ne sont pas justes et provoquent de larges injustices ; cet institut serait en charge de proposer toutes les solutions possibles afin de résorber ces injustices.


Mes idées dans quelques domaines clefs

Je propose dans les prochaines lignes de préciser quelles sont mes idées dans quelques domaines primordiaux en matière de politique, tels que sont :

  • Ecologie et développement soutenable
  • Santé
  • Economie
  • Education
  • Social
  • Sécurité et politique intérieure
  • Diplomatie et politique extérieure

L’Ecologie est un incontournable actuel et futur. On peut parler de développement durable, je préfère utiliser le terme de développement soutenable. Issu de l’anglais « sustainable development », il inclut en effet la notion d’analyse et de la recherche de la limite jusqu’à laquelle la Terre sera capable de nous porter.

J’aime citer ce proverbe (aux origines inconnues, même si d’aucuns prétendent qu’il s’agirait d’un proverbe Massaï) : «La terre n'est pas un héritage de nos parents, elle est un emprunt que nous faisons à nos enfants». Il résume en quelques mots la situation actuelle en matière d’écologie : le problème principal vient du double fait que l’être humain dans sa grande majorité n’a non seulement que peu connaissance des dégâts actuels mais encore qu’il n’en a cure…

Depuis quelques temps, on peut ressentir néanmoins des sursauts d’opinion et les films d’Al Gore sur le réchauffement climatique ou le récent film de Yann Arthus-Bertrand sont autant de témoignages simples visant la conscience du plus grand nombre.

Politiquement, de plus, le thème est porteur ! Donc il convient de surfer sur la vague de l’écologie, mais pas pour faire de la récupération car le constat écologique de la planète est plus que préoccupant et les solutions sont rares…

Le système de Santé français a été, en 2003 selon l’OMS***, le meilleur système de santé du monde. Il est cependant aujourd’hui en crise et doit peut-être même être « réformé », dans le sens originel du terme… Réformé vient en effet du mot latin « reformare », signifiant un retour à l’origine : re-former, ou reconstruire en étant fidèle à l’idée originelle.

Nombreux sont ceux, et des plus compétents en la matière tels que le Professeur Mattéi par exemple, se sont investis à modifier et faire évoluer le système de santé. Certaines évolutions ont été bénéfiques, d’autres beaucoup moins, mais toujours est-il qu’aujourd’hui il est urgent d’intervenir afin d’assainir, de stabiliser et de rendre efficace, juste, égal et pérenne notre système de santé de demain.

Pour rester concis et synthétique - ce qui n’est pas évident vu l’ampleur du sujet – voici quelques urgences à régler :

  • Il faut remettre le patient au centre du système. Pour exemple, si l’on compte la partie administrative, les différents commissions et comités, … seules 20% des ressources humaines sont consacrées au chevet du patient dans un hôpital public.
  • Les inégalités s’accroissent. Certains soins, notamment ceux nécessitant des compétences très particulières, seront bientôt réservés aux seuls nantis. Le simple quidam doit attendre des heures en salle d’urgence, et des mois avant d’être planifié pour une intervention sauf s’il consent à payer des dépassements rarement remboursés.
  • Dans le secteur libéral, les inégalités d’accès aux soins s’accroissent également avec la désertification médicale de certaines régions.
  • L’hôpital public est conçu pour le traitement de « l’aigu », alors que l’évolution des pathologies entraîne une demande forte de traitement des maladies « chroniques ». Il faut revoir en la matière toute l’organisation du système de santé.
  • Economiquement, le tableau peut paraître désastreux. Le déficit de la sécurité sociale atteint des profondeurs abyssales, les hôpitaux publics ne parviennent pas à être suffisamment stables économiquement pour se réorganiser et se développer. Néanmoins, a contrario, les établissements de santé privés réalisent pour certains d’importants bénéfices, et nombreux sont les médecins libéraux qui préfèrent réduire leur activité afin de ne pas payer des impôts trop importants… Les laboratoires pharmaceutiques ne sont pas en reste en terme de bénéfices records ! Il y a certainement un équilibre à trouver entre tout cela…

Poursuivant sur le chemin de l’Economie, nous traversons actuellement une crise. Cette crise - qui aurait pu largement être anticipée – affecte encore une fois davantage les classes inférieures et moyennes que les nantis.

Face à cette crise, une première réaction pourrait être de fustiger l’économie capitaliste et libérale. Ce serait trop simple, et même simpliste.

En effet, il ne faut pas rejeter catégoriquement le capitalisme car c’est lui qui a conduit l’occident à réduire pendant de longues années le nombre de pauvres, d’affamés, de sans-abris… C’est en revanche son côté extrémiste qui entraîne actuellement une détérioration notable de la vie de la grande majorité des couches sociales de la France (il en va de même pour les USA d’ailleurs).

Nous avons besoin d’une dose de libéralisme, encore faut-il qu’elle soit modérée, contrôlée. Nous avons besoin des entreprises. C’est aujourd’hui elles qui financent les emprunts de l’Etat, c’est elles qui font vivre le système économique et social. La majorité des salariés exercent dans le domaine privé et l’Etat n’a pas de ressources suffisantes pour mettre en place sa politique sans recourir à l’emprunt. Le 22 septembre 2007, François Fillon n’a-t-il pas dit, en Corse, « Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier », avant d’être rappelé à l’ordre par Nicolas Sarkozy ?…

L’Etat n’a pas les moyens de tout contrôler, de tout diriger, et d’ailleurs, en matière de gestion, il le fait souvent plutôt mal ! En matière de management, ce n’est d’ailleurs guère mieux…

Nous n’avons donc pas le choix, nous devons adopter une politique capitaliste et libérale MAIS contrôlée ! C’est la forme extrémiste du capitalisme ou du libéralisme, celle que nous subissons actuellement qui conduit à toutes ces formes d’inégalité, d’injustice et de dérives littéralement scandaleuses… Les entreprises distribuant des dividendes records aux actionnaires et licenciant du personnel, les parachutes dorés, les primes indécentes perçues par quelques dirigeants d’entreprise, les revenus des patrons du CAC40 augmentant de 58% en 2007… sans compter les aides de l’Etat (qui n’en n’a pas forcément les moyens) à des entreprises qui vont licencier en France et créer des emplois en Inde ou en Chine, emplois particulièrement précaires de plus !

L’Education est un secteur cher à François Bayrou. Il a raison ! C’est en effet dans nos écoles que sont formés nos futurs actifs, futurs Français, futurs Européens.

Nous assistons depuis plusieurs années à une dérive du système d’éducation. L’évolution de la société contraint généralement l’ensemble des parents à travailler tous les deux et généralement souvent à temps plein. Nous n’avons donc pas d’autre choix que l’école renforce son système éducatif. Or, c’est le contraire qui se passe ! Laisser-aller, interdiction d’interdire, rejet des valeurs traditionnelles, rejet de toute autorité, désintéressement de la famille et d’autrui, dégout du travail et de tout ce qui s’y rapporte, attachement au matériel, égoïsme, … sont nombre de résultantes du système d’éducation actuel. Il faut repenser, « reformare » et ce de façon profonde le système d’éducation. Cela passe, bien entendu par une prise de conscience des parents et des moyens donnés aux enseignants…

Dans ce domaine également, les inégalités s’accroissent et il n’est pas normal que certains parents reconnaissent « ne pas avoir le choix que de mettre leur enfant dans le privé s’ils veulent que leur enfant ait un minimum d’éducation ». Quand on en est là, la situation est grave ! Nous sommes en train de perdre un des fondements égalitaire du système français, une fois de plus. L’école publique est en danger et les élites de demain devront payer (cher) pour en être !

Pour revenir à des fondamentaux, je veux citer Jean Jaurès (et pas dans un souci de mimétisme avec Nicolas Sarkozy, on s’en doute !), qui, à Toulouse, le 31 juillet 1892, devant les lycéens, a dit : « (…)Il faut que vous lisiez les belles pages des grands écrivains et les beaux vers des grands poètes, que vous vous pénétriez à fond et de leur inspiration et du détail même de leur mécanisme; qu'ainsi leur beauté entre en vous par tous les sens et s'établisse dans toutes vos facultés; que leur musique divine soit en vous, qu'elle soit vous-mêmes; qu'elle se confonde avec les pulsations les plus larges et les vibrations les plus délicates de votre être, et qu'à travers la société quelle qu'elle soit, vous portiez toujours en vous l'accompagnement sublime des chants immortels.(…) »

D’un point de vue Social, nous traversons une période où toute considération de ce genre paraît incongrue, voire carrément indécente ! Le dialogue social est revenu à l’état embryonnaire. Les droits des salariés, tout comme les artisans et tous ceux qui travaillent, durement acquis pendant des décennies, sont bafoués ou « intelligemment contournés ». Et que dire de ceux, de plus en plus nombreux, qui ne trouvent pas de travail ou qui travaillent pour simplement se nourrir, mais de façon précaire, en dessous du SMIC ou de façon non déclarée, ce qui compromet notamment tout espoir de retraite future et empêche toute prise en charge d’un chômage éventuel ? Que dire des retraités qui voient leurs indemnités diminuer, parallèlement à un accroissement important du prix des journées en maisons de retraite ?… ce qui conduit à penser que seuls les nantis auront le droit à mourir dignement d’ici quelques années !

Techniquement, il paraît évident que les 35 heures sont un échec, qui n’a pas créé d’emploi in fine, qui n’a en rien amélioré les conditions de vie des salariés des classes inférieures, mais qui a détérioré toutes celles des cadres, qui a mis en difficulté certaines entreprises, notamment les entreprises familiales, et qui a creusé les inégalités : dans les entreprises, hormis quelques dirigeants qui font partie de la caste des quelques « protégés » (ceux qui sont au dessus des lois, riches et de plus en plus riches, intouchables juridiquement, manipulant et contrôlant la presse et les sondages, amis de certains dirigeant politiques), il y a eu nivellement par le bas du pouvoir d’achat des ouvriers et des cadres. Les artisans souffrent au quotidien et les commerçants ne savent plus de quoi leur avenir sera fait…

Et ce ne sont que des exemples…

En premier lieu, en matière sociale, il faut qu’un dialogue soit repris entre dirigeants, actionnaires, partenaires sociaux, artisans, … et politiques afin d’analyser dans un premier temps quand le système a dérapé et a commencé à régresser… et voir ce qui peut être fait. Il y a forcément une solution ! Nous ne sommes certes pas dans des situations comme au Mexique, en Inde ou, pire encore, au Niger ou en Haïti… mais il faut redresser la situation qui se dégrade de jour en jour.

Ce redressement devra se faire par une prise de conscience de chacun : Il faut réguler le niveau des dividendes des actionnaires, des revenus des grands patrons mais il faut aussi vraisemblablement mettre aux oubliettes les 35 heures…

En terme de Sécurité et politique intérieure, nous assistons à une dégradation sans précédent dans un pays occidental comme le nôtre, et cela a contrario de ce qui peut nous être dit, via des manipulations statistiques. Les actes avec violence physique sont en effet en forte progression et il n’y a aucun signe d’amélioration de cette situation.

Il ne me paraît pas être une bonne solution de répondre à la violence par la violence. La « ghettoïsation » ne me paraît pas en être non plus une bonne. L’environnement décrit dans le film de Luc Besson « Banlieue 13 » en dit long sur ce qui va arriver dans quelques années si nous ne faisons rien… et si le gouvernement persiste à conduire une politique de guérilla dans les banlieues.

Même si on peut constater le relatif échec de l’intégration des zones actives au sein des banlieues, je pense qu’il faut persévérer dans cette voie. Jamais il ne sera possible d’espérer se diriger vers une harmonie s’il n’y a pas désenclavement en premier lieu.

Au-delà de la problématique des banlieues, la majorité des situations de violences sont directement issues d’un manque de civisme et d’un problème d’éducation ! Nous y revoilà ! Et les films, les jeux vidéo ou les journaux télévisés, banalisant la violence, sont autant responsables de cette situation.

Nous sommes donc confrontés à un véritable problème de société et la solution pour y remédier sera très longue, devant passer par une révision du système éducatif mais aussi, et surtout, encore une fois, par une prise de conscience que la violence ne peut, ne doit pas être banalisée ainsi…

En matière de Diplomatie et de Politique extérieure, la France a fait longtemps figure de référence internationale. Ce poids politique me paraît primordial afin de faire de l’Europe une réelle puissance diplomatique, politique et militaire, pouvant agir et intervenir, telle une force de proposition ou un contre pouvoir, selon les événements de la scène mondiale. En effet, nous devons être forts mais aussi avoir notre indépendance propre pour discuter autour d’une table réunissant Américains, Chinois ou Russes.

Le Général de Gaulle avait eu l’intelligence en 1966 de faire quitter la France du commandement militaire intégré de l’OTAN. C’était un acte courageux, surtout quand on se remémore cette époque de la guerre froide. Mais cela a permis de donner une indépendance à la France, une véritable voix sur la scène diplomatique internationale. En mars 2009, la France l’a réintégré. Ce nouvel acte marque vraisemblablement la disparition annoncée de la France de la scène internationale. Il y aura peut-être l’Europe… mais à ce jour, la France a perdu son indépendance, et au passage une partie de sa fierté et de son histoire. Si, demain, les USA décident d’envahir le Venezuela, un des plus gros producteurs de pétrole mondial, et ayant à sa tête un opposant politique farouche aux USA, sous prétexte qu’ils disposent d’armes massives chimiques, qui pourra s’y opposer ? La Chine et la Russie sûrement, mais la France ?

Nous devons vivre dans un monde moderne, et s’adapter à son évolution. Faire l’Europe est un beau projet, il faut le mener jusqu’à son terme. Mais elle ne devra pas être atlantiste, et ne devra pas suivre un modèle qui a échoué, comme celui qui a notamment régi les USA depuis ces dernières décennies, avec un libéralisme paroxystique.

 

Conclusion

 

En ces quelques lignes, et en m’efforçant d’être synthétique et de n’exposer que quelques points qui me tiennent à cœur, j’ai essayé de me présenter.

Au-delà de ça, je souhaite bien évidemment pouvoir apporter ma pierre à l’édifice qui se construit depuis deux ans, notamment avec la création du Modem, pouvoir contribuer modestement à aider à réparer les dégâts du séisme des dernières élections européennes, et pouvoir agir, auprès et avec le plus grand nombre, à la construction de l’avenir du Modem, de la France et de l’Europe.

 

 

 

* Le « to gnothi seauton », que l’on peut traduire par le « connais-toi toi-même » est généralement attribué à Socrate mais il est possible que cet adage de Delphes soit plus ancien encore ; Héraclite pourrait ainsi être à son origine…

 

 

** On prononce « Lao-Tseu »

 

*** Organisation Mondiale de la Santé