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07/12/2015

Les Régionales en Occitanie

Quid des régionales en Occitanie, ou plutôt pour rester dans le monde d'aujourd'hui, en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon ?

La situation ressemble à celle de la plupart des autres régions, malheureusement mais cela n'est pas une surprise.
Cela n'est que conséquence du désamour des politiques actuelles qu'éprouvent les citoyens et de l'incapacité des politiques en place et des partis traditionnels à y remédier.

Le sentiment ressenti par le citoyen est que nos politiques se désintéressent réellement à lui, et ne cherchent qu'à se "placer", qu'ils privilégient intérêts personnels plutôt qu'intérêt public, et qu'ils ont abandonné toute idée de "mission", d'altruisme et de volonté réelle de construire un monde meilleur pour chacun. Et qu'ils ne cherchent que un boulot plutôt bien rémunéré et/ou leur assurant un présent et un avenir confortable pour eux....
Mais ce sentiment ressenti n'est-il finalement pas tout simplement la réalité? En tout cas si cela ne l'est pas, ça y ressemble fortement!

La philosophie politique, les grandes idées inapplicables, les promesses non tenues (car souvent d'ailleurs non tenables), les petits arrangements entre amis - ou anciens ennemis devenus tout à coup bien plus fréquentables! - et les compromissions en tous genres. Voilà une petite liste loin d'être exhaustive des pratiques de nos politiques, de ce que nous subissons, de ce que nous ne voulons plus!

Je ne suis pas du tout opposé à des rapprochements entre gauche, centre et droite dite "traditionnelle", tout au contraire même! Je pense qu'un centre élargi avec des gauches et droites modérées permettrait s'il se faisait de représenter LA véritable alternative à ce que peut proposer les extrêmistes ou aux radicaux de tout genre, à droite comme à gauche. Mais cela doit se faire avec un projet commun et concret.
Aujourd'hui nous assistons à des tentatives de rapprochement entre gauche et droite avec un seul projet: celui de battre l'extrême droite, car elle est arrivée en tête dans des élections. Comme si cela était une surprise et qu'il convenait de réagir devant l'urgence d'une situation! C'était bien avant qu'il fallait le faire!!!! Et pourquoi pas en faisant des listes très ouvertes LR-UDI-Modem-PS?

Est-ce démocratique de priver de représentation des millions de citoyens au sein de régions dont la taille et le budget sont supérieurs à certains pays européens?
Est-ce démocratique de vouloir faire des calculs politico-politiciens afin de vouloir -tel un stratège militaire- remporter une région avec 20% au premier tour et en faisant des alliances contre nature ou en demandant à certains de ne pas représenter au sein d'assemblées importantes les millions de citoyens qui leur ont fait confiance?
Quand 42% des électeurs votent au premier tour pour quelqu'un et que le premier opposant obtient 24%, est-ce démocratique de monter des stratégies afin de faire gagner celui qui a fait 24% ?
Stratégie politique, déni de démocratie, irrespect des citoyens et du peuple et agissements ne faisant que creuser davantage le fossé séparant le peuple de la classe politique!

Et pourtant, mon coeur pleure! Oui, je suis triste, effaré, effrayé des scores du Front National. Mais mon éthique m'interdit de cautionner ses petits arrangements ou ses dénis de démocratie.
Et le rôle de politiques respectueux de la démocratie et de leurs électeurs devrait être de tout d'abord représenter les électeurs qui ont voté par millions pour eux puis d'organiser une opposition construite avec des alliances réelles et non circonstanciées entre les partis et mouvements qui se reconnaissent dans la Démocratie et la République et ses valeurs humanistes et solidaires, et cela avec des élus de droite, de gauche comme du centre.
Mon coeur pleure de voir les scores du Front National mais mon coeur pleure une deuxième fois de voir qu'il n'y aura pas un seul élu de gauche en PACA et en Nord-Picardie, car cela même constitue un déni de démocratie. J'espère que chez nous en Occitanie ce ne sera pas le cas car il doit y avoir une représentation la plus large possible de tous les courants afin que cela constitue une assemblée démocratique.

Je n'aime pas le Front National, mais je n'aime pas non plus les extrêmistes de gauche qui ont des idées radicales et obtues, souvent privatives de liberté et de créativité, que cela soit dans la culture, l'art, le monde de l'entreprise, la famille ou les avancées de la science. A ce jour, je considère qu'il y a trop de ces idées castratrices et souvent rétrogrades dans ces partis que sont le Front National, le Front de Gauche, EELV, ou encore DLR.

Comme je l'ai toujours dit, j'expliquerai mes votes.
Au vu de ce que je viens d'écrire, ou ai écrit depuis des années, vous comprendrez que mon choix s'est porté sur Philippe Saurel dimanche dernier, car il avait su réunir centre gauche et droite, des socialistes au Parti Républicain, et beaucoup de non-encartés car comme il le dit, nul n'est besoin d'être encarté pour représenter les citoyens, et nul n'est besoin de suivre aveuglement les idées (ou consignes) des sièges parisiens des partis politiques pour être proche du quotidien des électeurs. Apolitiques, socialistes ou anciens socialistes, républicains comme par exemple Jean-Pierre Grand, maire LR de Castelnau-le-Lez et ancien président du comité de soutien national de Dominique de Villepin, beaucoup l'ont compris et ont ainsi soutenu Saurel. Toutefois, il n'a pas su convaincre et ses actes n'ont pas toujours correspondu à ses paroles, ou toutefois pas au niveau attendu... 5% c'est correct mais insuffisant. A retravailler pour une prochaine fois car je continue à penser qu'il y a un "truc" à creuser dans ce courant de pensée et ce "mouvement" allant bien au-delà des partis.


Dimanche prochain, vous l'avez sûrement compris au vu de mes écrits, je ne voterai pas Delga puisqu'associée (compromise?) avec EELV et le Front-de-Gauche. De plus son projet de faire de Montpellier la Capitale de Région n'est pas crédible et ressemble une fois de plus au discours politisé et philosophique de la rue de Solférino. Une future promesse socialiste qui ne sera pas tenue... Ça suffit! Et les socialistes qui retirent leurs listes en PACA et Nord et fusionnent avec EELV et FDG en Ile de France et ailleurs (fusions circonstancielles sans programme commun)... A force de se tirer des balles dans le pied, ces malheureux socialistes n'auront plus ni balles ni pieds....
Donc mon vote se portera sur Reynié qui -je l'espère- ne retirera pas sa liste, suivant le discours de Sarkozy de ne retirer aucune liste car cela constituerait un déni de démocratie.
Mon coeur pleure une troisième fois car -je n'ose l'écrire- je suis d'accord avec lui! Mais je sais que cela est exceptionnel et que cela ne durera pas, tant sa dérive droitière s'accentuera dans les mois à venir... Mais cela sera l'objet de futurs billets...

Michaël Manen

01/07/2015

Sarko le lâche!

Dans un entretien paru dans le journal « Le Monde » du 30 juin dernier, Nicolas Sarkozy fustige le comportement du premier ministre grec Alexis Tsipras et conclut que de facto la Grèce a ainsi suspendu – en ne respectant pas l'échéance de remboursement au FMI – son appartenance à la zone Euro.

Une provocation de plus me direz-vous ? Cela est tout simplement insoutenable... et irresponsable! Quand il accuse Tsipras d'irresponsabilité, se regarde-t-il dans un miroir ?

A moins de considérer la Grèce et les Grecs comme des voleurs ou des escrocs – ce qui n'est pas loin in fine des sous-entendus de Sarkozy – il faut simplement savoir pourquoi la Grèce n'a pas respecté son échéance de remboursement. Parce qu'elle ne pouvait pas. Ce n'est pas compliqué. Elle n'en a tout simplement pas les moyens. Et elle ne pourra le faire que quand on lui aura prêté de l'argent, argent qui ne pourra pas être utilisé à mettre en place les réformes nécessaires mais qui servira à rembourser les échéances. Et tant que ce cercle vicieux ne sera pas cassé, il continuera... et ce n'est pas la bonne solution!

Mais je pense qu'il faut aller plus loin sur l'analyse de ce qu'il faut que la Grèce fasse – et Merkel et Sarkozy sont les premiers à donner les leçons aux autres, ce qui est facile surtout si ça fait plutôt mal aux autres et ne les affecte pas, eux! -.

Donc, plutôt que de chercher par tous les moyens une organisation étranglant le peuple grec afin qu'ils puissent être autonomes financièrement un jour, posons-nous les bonnes questions ?

La première: A quoi sert l'Europe ? Et a fortiori l'Europe existe-t-elle vraiment ?

De la même façon que Sarkozy a toujours cherché à mettre en place une politique visant à se protéger, favoriser ses amis et quelques nantis, une oligarchie dont il serait le chef, il veut étendre ce système à l'Europe avec une demande d'autonomie de chaque pays qui ne vise qu'à enrichir certains et affamer d'autres.

Aujourd'hui, le PIB grec est essentiellement constitué du tourisme et la balance commerciale n'est pas capable d'être excédentaire, car le pays n'a presque pas d'industries et peu de revenus. Dans ce constat, il n'est pas possible qu'aujourd'hui et même demain, la Grèce, et cela quelque soient les mesures économiques drastiques mises en place, puisse arriver à un équilibre économique.

Mais qu'en est-il par exemple de l'agriculture dans beaucoup de pays européens ? Sans la PAC, il n'y aurait plus d'agriculteurs en France. Et d'ailleurs, il n'y a presque plus d'Industrie en France, car il n'y a pas eu de politique équivalente à la PAC dans l'Industrie.

Est-ce que quelqu'un pense à dire aujourd'hui qu'il faille stopper les aides aux agriculteurs ? Heureusement que non!

De la même façon que nous ne voulons pas l'arrêt de l'Agriculture en France, nous n'imaginons pas non plus décréter que – par exemple – la Région Languedoc-Roussillon serait exclue de la France car étant en déséquilibre financier ou ayant un taux de chômage trop élevé...

Et bien, le jour où nous admettrons que la Grèce ne peut pas être à l'équilibre ni aujourd'hui ni demain, ce jour-là, nous pourrons dire que l'Europe existe vraiment et alors commencer à travailler sérieusement sur le fond – et non pas exclusivement dans des sphères politico-financières – à ce qu'après-demain, la Grèce puisse peut-être arriver à un équilibre. À moins que nous décidions que l'importance de la Grèce en Europe, la dynamique touristique créée, la puissance de l'Europe une et unie, etc. sont autant de raisons pour admettre que cela n'est finalement pas si grave que cette partie de l'Europe soit déficitaire, étant pour cela compensée par les importants bénéfices d'autres parties de cette même Europe.

Le chemin est certes long, mais si nous voulons exister en tant que peuple Européen, ce qui veut dire qu'en tant que puissance économique, historique, militaire ou autre, si nous voulons que l'Europe existe vraiment, et soit un partenaire crédible en tant qu'Europe face à la Chine ou aux Etats-Unis, si nous voulons finalement garder le droit de discuter dans le Monde, être un partenaire connu et reconnu, nous devrons faire cette Europe, et nous devrons faire les efforts nécessaires afin qu'elle existe, sans que chacun cherche à « tirer la couverture à soi ».

Sarko ne le veut pas, c'est un lâche! Comme on ne lâche pas notre Agriculture ou notre Languedoc, on ne doit pas lâcher la Grèce, au risque de se retrouver à terme une petite poignée de pays dans lesquels ne sera même pas la France si cela se trouve et qui n'aura aucune valeur sur le plan Mondial, économique ou autre d'ailleurs.

L'Europe n'est pas morte, c'est notre seul salut! Alors sauvons-là plutôt que de la saborder. Et que Mister Sarko qui aimait s'appeler « The American » il n'y a encore pas si longtemps que ça choisisse vraiment son pays. N'est-ce pas lui qui a dit « Si on n'aime pas la France, on la quitte » ? Et bien, s'il n'aime pas l'Europe, qu'il ait le courage de s'appliquer à lui-même ce qu'il dit....

Et que chacun réfléchisse bien à ces quelques idées simples que je viens d'écrire, car finalement en pensant bien au-delà de son bout du nez ou de telle échéance du 30 juin ou du 31 juillet, n'avons-nous pas tous à gagner à faire un peu d'efforts pour un avenir meilleur, plus uni, plus fort ?

 

Michaël Manen