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01/07/2015

Sarko le lâche!

Dans un entretien paru dans le journal « Le Monde » du 30 juin dernier, Nicolas Sarkozy fustige le comportement du premier ministre grec Alexis Tsipras et conclut que de facto la Grèce a ainsi suspendu – en ne respectant pas l'échéance de remboursement au FMI – son appartenance à la zone Euro.

Une provocation de plus me direz-vous ? Cela est tout simplement insoutenable... et irresponsable! Quand il accuse Tsipras d'irresponsabilité, se regarde-t-il dans un miroir ?

A moins de considérer la Grèce et les Grecs comme des voleurs ou des escrocs – ce qui n'est pas loin in fine des sous-entendus de Sarkozy – il faut simplement savoir pourquoi la Grèce n'a pas respecté son échéance de remboursement. Parce qu'elle ne pouvait pas. Ce n'est pas compliqué. Elle n'en a tout simplement pas les moyens. Et elle ne pourra le faire que quand on lui aura prêté de l'argent, argent qui ne pourra pas être utilisé à mettre en place les réformes nécessaires mais qui servira à rembourser les échéances. Et tant que ce cercle vicieux ne sera pas cassé, il continuera... et ce n'est pas la bonne solution!

Mais je pense qu'il faut aller plus loin sur l'analyse de ce qu'il faut que la Grèce fasse – et Merkel et Sarkozy sont les premiers à donner les leçons aux autres, ce qui est facile surtout si ça fait plutôt mal aux autres et ne les affecte pas, eux! -.

Donc, plutôt que de chercher par tous les moyens une organisation étranglant le peuple grec afin qu'ils puissent être autonomes financièrement un jour, posons-nous les bonnes questions ?

La première: A quoi sert l'Europe ? Et a fortiori l'Europe existe-t-elle vraiment ?

De la même façon que Sarkozy a toujours cherché à mettre en place une politique visant à se protéger, favoriser ses amis et quelques nantis, une oligarchie dont il serait le chef, il veut étendre ce système à l'Europe avec une demande d'autonomie de chaque pays qui ne vise qu'à enrichir certains et affamer d'autres.

Aujourd'hui, le PIB grec est essentiellement constitué du tourisme et la balance commerciale n'est pas capable d'être excédentaire, car le pays n'a presque pas d'industries et peu de revenus. Dans ce constat, il n'est pas possible qu'aujourd'hui et même demain, la Grèce, et cela quelque soient les mesures économiques drastiques mises en place, puisse arriver à un équilibre économique.

Mais qu'en est-il par exemple de l'agriculture dans beaucoup de pays européens ? Sans la PAC, il n'y aurait plus d'agriculteurs en France. Et d'ailleurs, il n'y a presque plus d'Industrie en France, car il n'y a pas eu de politique équivalente à la PAC dans l'Industrie.

Est-ce que quelqu'un pense à dire aujourd'hui qu'il faille stopper les aides aux agriculteurs ? Heureusement que non!

De la même façon que nous ne voulons pas l'arrêt de l'Agriculture en France, nous n'imaginons pas non plus décréter que – par exemple – la Région Languedoc-Roussillon serait exclue de la France car étant en déséquilibre financier ou ayant un taux de chômage trop élevé...

Et bien, le jour où nous admettrons que la Grèce ne peut pas être à l'équilibre ni aujourd'hui ni demain, ce jour-là, nous pourrons dire que l'Europe existe vraiment et alors commencer à travailler sérieusement sur le fond – et non pas exclusivement dans des sphères politico-financières – à ce qu'après-demain, la Grèce puisse peut-être arriver à un équilibre. À moins que nous décidions que l'importance de la Grèce en Europe, la dynamique touristique créée, la puissance de l'Europe une et unie, etc. sont autant de raisons pour admettre que cela n'est finalement pas si grave que cette partie de l'Europe soit déficitaire, étant pour cela compensée par les importants bénéfices d'autres parties de cette même Europe.

Le chemin est certes long, mais si nous voulons exister en tant que peuple Européen, ce qui veut dire qu'en tant que puissance économique, historique, militaire ou autre, si nous voulons que l'Europe existe vraiment, et soit un partenaire crédible en tant qu'Europe face à la Chine ou aux Etats-Unis, si nous voulons finalement garder le droit de discuter dans le Monde, être un partenaire connu et reconnu, nous devrons faire cette Europe, et nous devrons faire les efforts nécessaires afin qu'elle existe, sans que chacun cherche à « tirer la couverture à soi ».

Sarko ne le veut pas, c'est un lâche! Comme on ne lâche pas notre Agriculture ou notre Languedoc, on ne doit pas lâcher la Grèce, au risque de se retrouver à terme une petite poignée de pays dans lesquels ne sera même pas la France si cela se trouve et qui n'aura aucune valeur sur le plan Mondial, économique ou autre d'ailleurs.

L'Europe n'est pas morte, c'est notre seul salut! Alors sauvons-là plutôt que de la saborder. Et que Mister Sarko qui aimait s'appeler « The American » il n'y a encore pas si longtemps que ça choisisse vraiment son pays. N'est-ce pas lui qui a dit « Si on n'aime pas la France, on la quitte » ? Et bien, s'il n'aime pas l'Europe, qu'il ait le courage de s'appliquer à lui-même ce qu'il dit....

Et que chacun réfléchisse bien à ces quelques idées simples que je viens d'écrire, car finalement en pensant bien au-delà de son bout du nez ou de telle échéance du 30 juin ou du 31 juillet, n'avons-nous pas tous à gagner à faire un peu d'efforts pour un avenir meilleur, plus uni, plus fort ?

 

Michaël Manen