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01/09/2010

Villepin: Plus flou tu ne trouves pas....

 

Repris à partir d'un récent billet paru sur Marianne 2, il m'est apparu intéressant d'ouvrir le débat ou tout au moins de ne pas occulter l'obscurantisme et l'opportunisme de certains se prétendant de temps à autre être du Centre...


Villepin se fout-il de nous?

David Desgouilles - Blogueur associé 

Dominique de Villepin critique la politique du gouvernement, durement. Et crée son parti, opposant. Puis, prend sa carte de l'UMP, tranquillement. Ils se moque de nous ou quoi? C'est précisément sur ce «ou quoi» que se penche David Desgouilles aujourd'hui.



(Flickr - brunolemaire - cc)
Dominique de Villepin se moque-t-il du monde ? Il faut croire. Lorsqu’on convoque le ban et l’arrière-ban de la presse française pour annoncer la création d’un mouvement politique ; lorsqu’on l’inaugure -le 19 juin dernier- en grandes pompes sous le fier nom de République solidaire ; lorsqu’on se scandalise bruyamment des mesures prises à l’égard des Roms au point de déplorer la tache qui souille ainsi le drapeau tricolore et que l’un de ses amis compare les expulsions au sort des Juifs pendant l’occupation (1) ; on pourrait légitimement penser que certaines distances puissent être prises avec l’UMP.

Or, tel n’est pas le cas. Pendant que les députés villepinistes annonçaient à qui voulait bien l’entendre qu’ils envisageaient de former un groupe parlementaire -et donc de quitter celui du parti présidentiel-, l’ancien premier ministre renouvelait son adhésion au «mouvement populaire», comme l’appelle Xavier Bertrand. C’est d’ailleurs ce dernier qui l’a confirmé comme l’annonçait Libération le 5 aout dernier (2).



Ainsi République solidaire est davantage soluble dans l’UMP que la fameuse tache sur le drapeau national. Les parlementaires non inscrits contactés par les proches de Villepin dans le but de rejoindre le fameux groupe et atteindre la barre fatidique des quinze unités seront ainsi fixés. François Bayrou, qui a refusé en 2002 de rejoindre le parti -qui se voulait unique- de la droite, et Nicolas Dupont-Aignan, qui en a claqué la porte lorsque Nicolas Sarkozy fut désigné candidat en janvier 2007, mesureront ainsi l’écart entre les discours martiaux de Galouzeau et la réalité villepiniste. Alors que ces deux personnalités ont pris des risques politiques en volant de leurs propres ailes, en refusant les subsides de l’UMP, Dominique de Villepin, lui, se comporte comme le premier Bernard Kouchner venu.

Comme l’actuel ministre des Affaires étrangères, qui joue un pitoyable double-jeu avec sa vraie-fausse hésitation de démission, Villepin semble hésiter entre le rôle de la Vierge Marie et celui de Marie-Madeleine (3). Certes, le Cardinal de Retz avait enseigné qu’on ne sortait de l’ambiguïté qu’à son détriment. Mais qu’on me pardonne, on n’est plus ici dans l’ambiguïté. On est dans l’escroquerie de grand chemin, celle qui consiste à faire croire à la France entière qu’on a créé un mouvement alternatif à celui du Président de la République, qu’on est l’un des opposants les plus résolus à son action, alors qu’on continue de cotiser dans le même parti que Morano, Estrosi et Hortefeux.



(1) Il s’agit du député Jean-Pierre Grand
(2) Et non pas Médiapart, pourtant champion inter-planétaire de l’investigation. Allez savoir pourquoi
(3) Merci à Gil, pour la formule